Il était différent ..

petit prince

 

Il était différent.. Peu importe le diagnostic… Il était mon frère, mon compagnon de jeu, avec ce qu’il était de ses frasques, ses manies, ses idées bizarres, ses rituels, ses obsessions, ses peurs…
Je détestais le lieu où il était , c’était loin et j’aurais préféré qu’il soit plus près de moi .

Les adultes autour de nous en avaient décidé autrement. Un jour il est parti. Je me rappelle encore le silence dans la maison, les flocons qui dansaient dans la lumière, les bruits étouffés, et l’absence qui ce jour-là, s’est inscrite sur ma peau et dans le rire perlé de ma mère, qui dansait avec la vie, et qui s’est engagée, pour moi, pour lui, pour nous tous.

Mon chien voulait sortir jouer, de ce jour,  j’ai toujours été accompagnée par un chien.

Mon frère est revenu, les vacances, les week-ends. Ma grand-mère, ma mère, mon père tout le monde essayait de l’aider. Il était heureux avec nous, et il était heureux avec ses camarades.

Les allées et retours, entre son Institution et Bordeaux ont commencé.

Mon père vivait mal sa différence, ma mère faisait avec . Mon père ne supportait pas qu’il ne puisse pas être soigné, mon père ne supportait pas son impuissance devant ce qu’il était.

Moi je l’aimais. Je jouais avec lui . J’ai apprivoisé la solitude, j’ai développé des capacités d’adaptation à n’importe quelle situation, je me suis coulée dans les vies et les maisons endormies des habitants de mon quartier. Avec mon chien, on visitait les maisons abandonnées.. on rentrait dans des caves, des endroits interlopes, des garages…J’errais dans le quartier en inventant des histoires et des contes, sur les absents qui le peuplaient.

Et puis il y a eu les étés avec mes grands-parents, et mon frère, deux mois où nous partions seuls, dans une ferme, sans eau ni électricité, deux mois de maraudes, dans la nature à la ferme, dans la campagne béarnaise.. Le pied pour moi et mon côté sauvageonne ! On se lavait quand on y pensait, on était ailleurs toute la journée avec les bêtes et les gens, c’était simple et fantastique, avec les cascades, le vert des prairies, les vaches, les montagnes que l’on devine derrière, l’aube violette et le vent du sud !

J’en ai rapporté des anecdotes, et des souvenirs de lui et moi, rassemblées dans un livre à paraitre…à la fin de l’année :

“Le hurlement des Loups”

BHP

 

Et les baleines chanteront pour toi…

Et les baleines chanteront pour toi

Petit Prince,

Et les baleines  chanteront pour toi

Des histoires, les jours de pluie

Les étoiles murmureront leurs prières, aux sables du désert

L’alouette te portera un rameau d’olivier

Les vents du sud te parleront au creux de l’oreille

Pour te raconter les mots secrets des licornes et des vagues océanes

Le lent balancement des voiliers te dira le vent, les oies sauvages et les salamandres

Le bleu du ciel, le vent d’ouest soufflera ton nom à l’horizon

Et nous nous te pleurerons jusqu’à ce que les sables effacent notre chagrin

Et que les yeux noyés de larmes,

Nous te rejoignons dans le bleu éternel

BHP

 

PETIT PRINCE

petit prince

Petit prince, tu es parti

Juste comme ça, un jour sans bruit

 Entre deux visites, juste comme ça

Tu ne m’as pas dit un mot

Tu ne m’as pas serrée dans tes bras

Tu ne m’as pas regardée

Juste comme ça, tu as ouvert des yeux

Où je n’ai pas su lire un adieu

Adieu, petit prince, Adieu,

C’était bon de te savoir près de nous

Adieu petit prince aux yeux dorés

 Que les anges t’accueillent dans le bleu du ciel

Que l’hirondelle te porte au delà des nuages et

Que Dieu, s’il existe, te reçoive

Dans l’amour de la vie et la lumière infinie

Je t’aime et t’aimerai toujours

 

Petit Prince est mon frère chéri. Il s’est envolé mardi après avoir connu une fin de vie difficile

Mon petit prince m’a accompagnée toute notre enfance et toute ma vie. Il faisait partie de notre vie, entre mes parents, mes cousins, mes grands parents, ma vie. Il était là même s’il passait sa vie avec d’autres comme lui, dans une institution spécialisée. Combien de fois avons-nous fait la route pour aller le voir, combien de fois ma mère a acheté ses bonbons préférés, ses gâteaux, des vêtements, une carte, une photo.

Sa différence nous a apporté tant et tant que c’est une joie et un bonheur de l’avoir connu. Bertrand était différent et sa différence nous a enrichis, nourris, élevés. J’ai choisis mon métier avec lui et je suis heureuse de ce choix qui m’a comblée et apporté tant de bonheur.

Si Dieu existe,

Bertrand est maintenant à ses côtés. Il est un ange qui veille sur nous, de son regard étrange et distant,  de ses réflexions bizarres et souvent décalées.

Mon prochain livre est directement inspiré de lui. J’ai besoin de mots pour dire et parfois pour cacher mon émotion et ma tristesse. J’aimerais trouver les mots justes pour vous faire partager qui il était. J’espère que mon roman saura inventer ce partage avec les mots de mes sentiments profonds. J’espère que je saurai trouver la magie des mots.

je suis heureuse de le publier bientôt

je l’aimais …

BHP

LECTURE ou SERIES / LIRE OU REGARDER ?

Amor, te sigue esperando siempre

Mon amour, je t’espérerai toujours…

Quand je regarde des épisodes d’une série, d’ une série lambda, sans intérêt particulier, bien faite, d’une certaine banalité cependant, je suis happée par les images, l’ambiance, le ton, l’atmosphère, l’univers. Une série, c’est un univers, avant tout. L’attention requise, soit regarder y est pourtant infiniment moins importante que celle, nécessaire pour un livre, soit lire .

Je regarde une série pour me distraire, je lis un livre pour me cultiver, pensè-je… en un premier temps.

Il ne s’agit pas de hiérarchiser l’une par rapport à l’autre, mais de les différencier. Je ne disconviens pas que certaines séries sont comparables aux livres, dont elles sont issues, mais la concentration et l’investissement individuel ne me paraissent pas identiques, bien que souvent ils soient complémentaires. Regarder ou lire ce n’est pas tout à fait la même chose .

J’adore regarder des séries, mais la lecture demeure pour moi, mystérieuse, énigmatique. Territoire inconnu, pays à explorer, monde à partager, elle convoque le merveilleux, l’indicible, l’unique, La Rencontre.

Une série est kitch, un univers de plastique quelque chose de superflu, d’addictif dont je pourrais me passer, sans vraiment le vouloir, presque un plaisir défendu, je ne pense pas pouvoir me passer de livres.

La lecture fait partie intrinsèque de moi. Je me demande si c’est un phénomène de génération ? je ne crois pas, quoique.  La distinction que je fais aujourd’hui sera sans doute amoindrie par mes enfants, sans doute regarderont-ils des séries,  comme ils consommeront des livres…Pourtant on ne consomme pas des livres, on les lit ! Certains surnagent et nous marquent, ceux dont on se souvient et qui accompagnent nos vies ..Quels sont les 5 ou 6 livres qui ont marqué votre vie ?

L’étranger, les 3 mousquetaires, Les misérables, le ravissement de Lol V Stein, Le Rouge et le Noir, Le blé en herbe etc…sont parmi ceux qui m’ont construite et dont les mots et la poésie ont bercé mon enfance et mon adolescence. Les mots de ces livres sont en moi pour toujours.

Un livre nous relie à l’universel humain.

Les uns et les autres enrichissent notre imaginaire, contribuent à notre culture, notre bonheur personnel, à notre appartenance à une communauté humaine et universelle.

Un des mes rêves était de créer, des soirées lecture, deux jours par semaine ou bien quelques jours par mois, dans  un café ou chez nous, dans un endroit où les invités seraient accueillis, à condition de lire quelques passages d’un livre…n’importe lequel celui qu’on aime ou au contraire celui qu’on déteste…juste pour partager les mots qui sont faits de sable, de vents et d’amour surtout…

I had a dream…

Bon Dimanche de lecture

BHP

Le sexe joyeux !

 

Dans son dernier opus,  “Qui a encore le temps de tomber amoureux ?”,  Anaêl Verdier nous entraine dans une balade amoureuse, parmi les conquêtes de l’auteur. Une célébration de l’amour, au fil de son désir et de celui de ses partenaires.Un regard légèrement détaché, avec juste ce qu’il faut, un zeste de lucidité pour rester à flot et jouir, des corps et des âmes, surtout des corps et des amours passagères.

Une ode au corps féminin, aux plaisirs des rencontres de passages. Un clin d’oeil au temps qui passe et aux femmes si belles et si nombreuses, qu’une chasse l’autre avant la suivante. Sans pour autant céder au cynisme, il se fait prendre parfois au sentiment amoureux, mais ainsi qu’il le dit lui-même, cela ne dure jamais bien longtemps . Alors reste son art et quel art !

Enfin quelqu’un qui parle d’amour et de sexe, avec poésie, une once de nostalgie, et de la joie. Si Anaêl renoue avec la dialectique du désir et du plaisir, l’un détrônant l’autre et recélant dans ses rais, la nostalgie du premier, il se prend au jeu de l’un et de l’autre et laisse le lecteur décider auquel va sa préférence.

Servi, par une langue fluide, agile, légère, son livre flotte comme les jupes sur les jambes des filles, et nous révèle les éclats des peaux dorées , fines, lisses, frémissantes sous les caresses. j’ai adoré me glisser dans ces corps énamourés, offerts aux frissons et à l’amour, au soleil, au vent, aux plages et aux villes, aux femmes et aux filles.Découvrir les ruelles animées d’une ville inconnue avant de se laisser aller aux plaisirs de l’amour auxquels il préfère ceux du sexe. Sans doute  est-ce la même chose, car le sexe comme ça devient de l’amour qui se cache dans la saisie de l’instant et  “l’éternité d’un adieu” !

Du sexe décomplexé, vivant, joyeux et débridé.

Un pur moment de bonheur  !

SARAHLOUP

LE VENT DE L’ENVIE DES FLEURS…

 

Au printemps, quand les bourgeons commencent à sortir et que souffle le vent de l’envie des fleurs”...JMG Le Clezio 

Peut-on trouver une phrase plus belle et plus musicale,

“le vent de l’envie des fleurs”…

Le dernier roman de Le clézio est construit comme un conte des mille et une nuits.. Deux jeunes filles se rencontrent, l’une est malade et l’autre lui raconte des histoires sur la ville au dehors et sur ses habitants. Leurs destins s’entremêlent comme les histoires de cette Shéhérazade de l’est…

Ce livre est une commande de la ville de Séoul, où séjourne notre prix Nobel national.. une partie de l’année. La langue poétique de cet immense écrivain,  au service du conte…Comme les deux dragons qui protègent la ville et dorment entremêlés, au dessus d’elle, les mots s’échappent et nous portent au delà des songes, au delà des rêves, au delà du temps…

Un pur régal, un immense moment de lecture et de poésie !

 

SarahLoup

L’authenticité des mots

On raconte qu’un roi, à la recherche de sa bien-aimée s’est changé en renard…

Souvent je suis seule et je n’aime pas exactement ça. Alors je vais me promener dans les rues de la ville, à la recherche de quelqu’un,  c’est très facile de trouver un autre perdu dans les rues,  c’est pour cela que j’aime les villes, à cause des rues, à cause aussi des escaliers, et des murs. Les escaliers de pierre qui ne mènent nulle part, se perdent dans les mousses du temps, ou qui débouchent dans une histoire qui n’est pas la mienne et où je m’évade, le temps d’une journée. Et les murs, pour les ricochets de mes pensées.

Un jour quand j’étais petite, je me baladais dans les rues de mon quartier, avec mon chien. J’ai entendu des cris dans la cave d’une maison, des gémissements, entrecoupés de silence. Je me suis demandé si ce n’était pas un enfant retenu contre son gré par une belle-mère acariâtre ou par une marâtre, comme dans les contes que je lisais, alors. Je suis entrée, en passant par dessus le grillage. Je me souviens que mon chien ne m’a pas accompagnée, il est rentré à la maison. Il connaissait le chemin. Je suis entrée dans la maison d’autres personnes, aux odeurs inconnues, aux bruits inconnus. Il faisait noir. Mes yeux se sont habitués à l’obscurité, et j’ai vu une petite chienne qui essayait de mettre bas. Je suis restée là, sans rien faire que la regarder. Puis je me suis approchée et j’ai mis mes mains sur ses flancs, tandis qu’elle poussait pour mettre au monde un, puis deux, puis trois bébés… nous nous sommes regardées, elle a léché ses petits. je lui ai apporté de l’eau, et puis je suis partie…J’avais neuf ans, à peine !

je viens de faire une grande découverte : pour écrire il faut du temps !
Hier et aujourd’hui, j’ai passé toute la journée sur mon ordinateur, enfin hier surtout.. et ce matin, je m’aprétais à faire la même chose, sauf que je devais sortir mon chien !
 Je me suis décidée à commander le livre de JMG Le Cezio, “Bitna, sous le ciel de Séoul”, et hier j’ai reçu et lu quelques pages du livre d’Anael Verdier, “qui a encore le temps de tomber amoureux ?”. Heureusement j’ai dépassé le temps où je ne pouvais pas lire lorsque j’écrivais, maintenant je peux , et c’est tant mieux.
Car je mesure le fosé qui me sépare d’eux !
Et du coup, je me suis dis, que ce n’est pas seulement parce qu’il manque d’enjeux que mon livre actuel ne va pas, c’est aussi parce que la forme n’est pas celle que j’ai dans la tête..
J’aime les contes, les légendes, les mythes fondateurs,  j’aime la magie, la noire et la blanche, et le souffle de la création cosmogonique…J’aime les grandes sagas qui racontent toujours la même histoire sous des formes diverses . J’aime être emportée par le souffle d’un écrivain.
 Au début, mon livre devait être ça, un conte..  je l’ai oublié, je m’en suis écartée…
Je vais y revenir pour retrouver :
l’authenticité des mots, et la justesse des émotions
merci
BHP

MAUVAIS GENRE !

 

Avant je ne pouvais pas lire d’autres auteurs, en même temps que j’écrivais. C’était difficile d’être en même temps dans l’univers de l’auteur et dans le mien.

Mais ça c’était avant. Maintenant, je laisse mes héros vivre leur vie, parfois même, ils s’en inventent une tous seuls et moi je suis à la traine . Ils m’échappent et s’en vont filer le guilletdoux et raconter des fadaises à la belle de leur coeur. Moi, l’auteur, je ne suis pas au courant, à tel point que j’y perds mon latin , quand au matin je les retrouve et qu’ils en sont 25 pages plus loin que celle où je les ai laissés la veille !

Par exemple, je pensais écrire une histoire sur les morts et j écris une histoire sur les loups ! Les loups et les morts n’ont aucun rapport, me direz-vous. Justement non , ils n’en ont aucun, sauf celui qu’ils s’inventent.

Victor, mon héros actuel, ne l’entend pas de cette oreille. Lui, il veut être un loup point final, et pas du tout aller chez les morts, ma première idée. Je cède, c’est toujours le héros qui gagne, enfin chez moi. Je suis un auteur laxiste au fond, mes personnages font ce qu’ils veulent.  J’ai même du mal à les suivre.

D’ailleurs imaginez, je ne sais pas si je suis un auteur ou une auteure… Faute de genre, faute de choix, faute de mieux, autant choisir le mauvais genre, et, comme disait ma grand-mère, en fronçant les sourcils et regardant une de mes amies qui me fascinait, justement à cause ce ça :

— elle a mauvais genre !

J’adore le mauvais genre, et le mauvais goût. Au fond c’est beaucoup plus drôle que le bon ! Mais je m’égare, les auteurs s’égarent souvent, et les auteures ont mauvais genre…Que voulez-vous, je préfère souffrir d’aimer trop, que pas assez, je préfère aimer à la démesure que d’aimer à moitié, et “mourir du mal d’aimer”, “aimer à en mourir, mais c’est un peu aussi pour en vivre”.. disait Aragon, encore les morts c’est une obsession !

“Genre”, disent les ados d’aujourd’hui, décidément, le genre fait partie des moeurs, des mots, des maux aussi sans doute , est-ce ma faute si le genre me fait défaut…que voulez-vous, je suis mauvais genre !

BHP

 

L’ÉCRITURE EST LE MIROIR DE L’ÂME

Troisième roman : Victor, le Loup-Enfant

 

Il faut se méfier du miroir que nous tend l’écriture !

Alors que j’écris mon 3 ème roman, je pensais écrire un personnage qui emprunte des traits de personnalité à mon frère et à mon fils… Tantôt de l’un, tantôt de l’autre, et aussi un peu de lui tout seul, de lui en tant que personnage à part entière. Nos personnages sont des composites, des mosaïques, faits de petits morceaux des uns et des autres, le rire de l’un, la bizarrerie de l’autre. L’autisme de l’un et la détermination de l’autre, au début tout au moins. Ensuite ils partent, s’émancipent et prennent du corps et de la matière, ils prennent leur envol, dans et vers l’histoire . L’écriture est un vaudou, on façonne des personnages en terre, et puis pendant votre sommeil, ils s’animent et vivent leur vie. Votre histoire prend un tour nouveau et vous êtes à la traine…vite il faut la rattraper !

J’étais en panne, je ne parvenais pas à écrire la fin. Alors j’ai changé un élément du récit, un seul, et soudain tout s’est ordonné, tout est devenu clair, tout s’est organisé.

Mon héros allait mourir. Je ne fais pas mourir mes enfants d’habitude, ils évitent la mort, de peu mais ils l’évitent, en tout cas Lila l’a évitée.

Victor, lui, va mourir.  C’est la logique du récit et c’est ma décision d’auteur. A moins que.. il ne devienne véritablement un loup, à moins qu’il n’assume son moi-loup.. à moins que…Le loup soit le plus fort.

Hier, j’ai rendu visite à mon frère, c’était très triste,, malgré mes cris, mes hurlements, et mes accès de rage, malgré les éclats de rage contre ceux qui, pourtant font de leur mieux et ne peuvent pas infléchir le cours du temps. On me dit des mots lénifiants. Sûrement, je comprends, ce sont les mots que l’on dit dans ces cas là… Mais, je déteste les mots vides, les mots valise qui sont prêts à tout, les mots prêts-à-porter, les mots grande-consolation qui ne consolent de rien, les mots compromission, les mots vagues…Mais ce sont des mots apaisements, pour ma mère qui a tant et tant enduré…

Je suis et je reste une battante, je me bats, un point c’est tout. L’écriture est mon combat, mon refuge, mon remède, ma guérison, mon filtre magique, mon filtre d’amour, mon rite vaudou, mon miroir magique. Troublant, le miroir que nous tend l’écriture, nous donne une prescience des évènements, une pré-conscience des choses, telle qu’on pourrait se penser devin. J’aimerais bien être devin.. alors j’en mets dans mes histoires. A propos, mon histoire a pris un tournant décisif, qui me conduit à la réécrire, en partie même si elle en devient plus cohérente et sans doute, plus forte.

Mais non, l’écrivain n’est pas devin, il écrit au coeur des choses de la vie. Et les choses de la vie ont la même logique dans l’écriture et dans la vie..  L’histoire suit le même cours sur la page et dans la vie…Victor va suivre son destin, son destin d’enfant-loup .

Miroir, mon beau miroir…Dis-moi qui… de lui ou de moi tire les fils du temps, de lui ou de moi crée ou est créé, de lui ou de moi vit ou est vécu …Dis-moi si mes mots peuvent te faire vivre ou mourir..

dis-moi qui….aime et est aimé

BHP

CECILE

Lila n’aime pas les robes !

Le bleu du ciel ne suffira pas

A laver mon âme de ses larmes

L’oiseau s’est envolé trop loin, trop tôt,

Et  Seul Bashung sait dire la mélancolie

C’était en haut des vignes, et il faisait trop chaud

tu es partie et tu nous as laissés,

 du fond de ton enfance

tes yeux bleus nous regardaient

tu étais magnifique

 et nous sommes  si tristes

sans toi…

BHP

Les roses de Mai

Une robe noyée

Une robe flotte sur l’eau

Parfois la clarté du monde me donne mal aux yeux
L’avenir s’écrit aux larmes des souvenirs
Les roses de mai ont les plus belles épines
Les histoires, comme les nuages
S’écrivent avec le vent

Pourquoi les mots arrachent-ils des larmes

A ceux qui les écrivent et à ceux qui les lisent

Pourquoi es-tu si fragile

Dans mon souvenir ?

                                                                               Sarahloup

Comme un vent de Printemps…

Hier, j’ai fini le premier jet de mon 3 ème roman..qui s’intitule pour l’instant, “je, Victor”.

Un roman bizarre, inclassable, difficile… Je l’ai écrit avec en pensée, le fabuleux, petit, mais génial roman de Juan Rulfo, “Pedro paramo”,  bijou de la littérature sud-américaine, une pure merveille. Entre le conte, le roman, le récit épique, inclassable, une forme épurée et magique, dont je vous recommande la lecture. Et si je pouvais ne serait-ce qu’approcher cette forme littéraire, je serais comblée.

Mon troisième roman se rapprochera, je l’espère,  de cette création, entre le roman et le conte, ni tout à fait l’un, ni tout à fait l’autre…

Après avoir passé quelques jours avec la sensation bizarre d’avoir perdu quelqu’un.. j’ai eu le plaisir d’être invitée,  samedi soir, par le talentueux Eric Costa,  à une présentation de courts-métrages, au Node, sur le thème du Fantastique et d’y présenter mes Nouvelles, Un je t’aime, deux je te suis, trois je te tue , elles-aussi sur ce thème là..

Je n’en ai vendu aucune mais j’ai rencontré une auteure, croisée à plusieurs reprises, au hasard de la ville et des rencontres. Elle a déménagé d’exactement en face de chez moi, trop tard, ou trop tôt…

Une soirée bizarre, hors du temps et des codes, le fantastique s’invitait, sans doute, autrement et ailleurs que sur la pellicule. A moins que le petit lutin, perché sur mon épaule et qui veille sur toutes mes créations, n’insiste pour que Mathilde et moi, nous rencontrions vraiment..au lieu de nous croiser, au hasard de la ville. C’est chose faite, nous nous sommes  rapprochées, davantage que lorsqu’elle habitait juste en face de chez moi !

Ensuite, je suis allée fêter le départ d’un collègue qui partait vers de nouveaux horizons professionnels. Ce fut une soirée  arrosée et très gaie.. Je lui ai demandé s’il n’allait pas s’ennuyer.. il m’a répondu à côté.. de toute façon j’étais, “à côté,” toute la soirée et c’est exactement ma place…  A Côté, à la marge, prête à partir si je m’ennuie ou envie d’aller voir ailleurs…

A côté, dès que j’aurai fini cet opus dont je ne sais ce qu’il va devenir…est, de toute façon, la place que j’occupe souvent…en décalé, un peu ailleurs,…ici et là, là et pas là…parfois intensément là, au gré des créations .

Il soufflait ce week-end, comme un vent de Printemps et même si j’adore l’hiver propice chez moi à l’écriture et au repli créatif,  j’aime aussi le printemps et sa lumineuse transparence.

Alors let’s go pour ce nouveau roman que j’espère publier en Septembre… et merci pour vos encouragements et votre présence chaleureuse et attentive…

@sacha, @Laure @sylvie @mathilde @anael of course…

SarahLoup

 

 

CE QUE ÇA COÛTE …

 

Lorsque j’ai terminé “7 Robes et Lila” , mon dernier roman, j’ai immédiatement démarré la création d’un autre, dont le titre provisoire est “je suis la louve”;

Je me suis rendue compte que j’aurais dû laisser une période de vacance, un peu de vide entre la fin d’un opus et le début d’un autre. Mais je ne suis pas patiente et l’autre texte était déjà là, pressant à la porte de mon esprit.

Alors j’ai mis en place en même temps, la rédaction du roman à venir et la promotion de “7 Robes et Lila”.

Aujourd’hui, j’en suis à la dernière partie de mon troisième roman, je réalise que sans doute j’aurais du attendre. Sans doute, car devinez quoi, j’ai écris la mort de Nora, le jour anniversaire de la mort de mon père, le 3 mars. Alors si le texte a été très difficile à écrire, si les mots se dérobaient sans cesse sous ma plume, si les idées venaient en désordre et en vrac.. Si..j’étais plus que bouleversé par un texte somme toute anodin. C’est sans doute parce que se superposaient ces deux expériences que sont la mort d’un père et la description de la mort d’un personnage..La réalité extérieure et l’intériorité, la confusion des sentiments, sans doute…

Après plusieurs jours difficiles, après plusieurs abandons, après beaucoup de ratés dans ma vie professionnelle, sans que les intéressés ne puissent en saisir le sens, j’ai finalement écris “la mort de Nora”…  J’ai interrompu la rédaction de mon roman, je ne suis pas allée travailler, je me suis montrée nerveuse et irritable, colérique et bouleversée…Et je suis allée me coucher avec des courbatures et des crampes partout…

Je vais poursuivre et finir mon roman et je vais poursuivre et finir la promotion de “7 robes et Lila”…Je suis obstinée et de toute façon, les mots se pressent trop sous ma plume pour que j’arrête maintenant.

Qui a dit que “l’artiste est un athlète comme les autres” à moins que ce soit l’inverse, et que le sportif soit un artiste comme les autres.. De toute façon, la création est l’essence de l’homme, sa substance, son âme et sa raison de vivre, mais les chemins pour y parvenir sont parfois escarpés et difficiles..Alors merci de me lire , merci de me soutenir merci à vous lecteurs, parents (une mention spéciale pour ma mère et mon conjoint), amis sans qui tout ça serait vain…

Bonne journée

Sarahloup

DÉSIRS PERDUS

Dans chaque goutte de pluie

je chercherai ton rire

Sur la peau du temps, s’étirent mes désirs
Et le son des orages, au noir du souvenir
Joue la belle hirondelle, le rossignol seulé
Dans l’aube blême du passé

Je marcherai comme une ombre

Au désir des aubes futures,

Je t’écrirai

à l’encre des nuages

Et le son du piano risque s’évanouir

Au lendemain

Des amours perdues

SARAHLOUP

Dans la saisie de l’instant …

 

“Dans la saisie de l’instant j’aurais une totalité sublime” /Fabienne Verdier, peintre

 

 

J’attendrai

J’attendrai l’oiseau qui revient du Sud

j’attendrai ton rire dans les champs de blé

j’attendrai les notes qui s’égrenent un soir de juillet

j’attendrai la nuit après le jour

j’attendrai la lune de sang au dessus du monde

j’attendrai le soleil après la pluie

j’attendrai ton amour encore et toujours

je t’attendrai

 un jour en hiver

Sarahloup

LILA ET L’ORAGE

 

Sept robes et Lila FAV-amazon

L’ORAGE

Il y avait le bleu à perte de vue

Les nuages que déformaient le vent

Le cri des mouettes, l’océan

Toi qui riait

Trois mouettes perchées, un arbre à la dérive

Soldats au garde à vous, file file le temps

J’ai perdu ton rire dans le vent

Le ciel change le bleu en encre noire

Les mouettes éclatent de rire

Les rives océanes se fâchent

La mer moutonne, les oiseaux sont partis

L’été a disparu avalé dans l’orage

Tu m’as souri

Le ciel d’été mauve accorde ses larmes de pluie

Sur La plage déserte

L’été finit en Aout

SARAHLOUP

 

LE BLUES DU MILLENIUM

“Millenium blues” est un livre magnifique.

Lila n’aime pas les robes !

 

 

 

Une ode à l’espoir et à la vie, des mots arc-en-ciel, des rêves bleus, Lila, une petite fille brune au regard mauve et des formules choc, profondes et drôles, comme la vie, comme Emile Ajar en son temps, Faïza Guene, nous emporte tambour battant à travers les sons et les images qui défilent dans un monde en kaléidoscope. Les années 90, Abba, les fêtes qui tournent court, la vie, l’amour..les joies, les peines,  toutes les couleurs de la vie en arc en ciel et une langue magique pour magnifier les désespérances et dire la joie après les larmes, le soleil, après la pluie et le printemps retrouvé…

“.. J’aime pas les fêtes parce qu’à peine ça commence il va falloir s’arrêter de danser … si on considère que la vie est une fête c’est la meilleure définition de la nostalgie qu’il m’ait été donné d’entendre.” 25 ans -la nostalgie –  p108

Bravo

SARAHLOUP

COMBIEN TU M’AIMES ?

Lila n’aime pas les robes !

Qu’ est-ce que Lila, une fillette de 7 ans peut comprendre du bal et des danses amoureuses des adultes ?

Est-ce qu’une enfant peut aimer sa mère et la rêver, au point  de flirter avec un sentiment trop grand pour elle ?

Et s’abimer dans la contemplation de sa mère, jusqu’à oublier que l’autre manque et ne sera plus jamais là. Lila fait cette expérience. Lila aime à la folie, sa mère mais aussi, son jumeau Justin. Mais Justin aime les vagues et l’océan. Quand le drame frappe à la porte, Lila lui ouvre et regarde la malheur envahir sa vie.

Lila pourra-t-elle se relever d’un tel drame, pourra-t-elle affronter le courage de vivre, d’aimer et regarder vivre les adultes, sans sombrer ?

Pour le savoir, lisez “ 7 robes et Lila” , mon nouveau roman, sur Amazon.fr

B.Hue-Pillette

LÉGENDES D’AUTOMNE

 

parfois le lune rousse apprend aux jeunes sorcières

les sculptures du vent

Par hasard, hier soir, alors que je terminais un dimanche un peu mélancolique et dépressif, je suis tombée, à la télé, sur Légendes d’Automne, de Jim Harrisson 

Enfin, sur le film tiré du livre de Jim Harrisson. J’avais oublié à quel point Jim Harrisson est un conteur né, à quel point ses histoires sont envoutantes et parfaitement bien conçues. J’avais oublié à quel point Brad Pitt est magnifique dans le rôle de Tristan, héros maudit et fils préféré, aimé de tous, incapable de conserver ce  qu’il construit.

J’avais oublié la présence bienveillante des indiens et de leur culture, j’avais oublié la présence omnipotente de la nature, des changements de saison, du déroulement infini et éternel du temps, de la vie, de la mort. J’ai adoré et finalement je me suis dit que oui il y a des oeuvres magnifiques.

Un chef d’oeuvre comme toute l’oeuvre de cet immense auteur, à découvrir si vous ne l’avez déjà lu.

SARAHLOUP

 

CHARLOTTE FOREVER…

Amor, te sigue esperando siempre

Mon amour, je t’espérerai toujours…

J’avoue, j’avoue, j’étais des plus sceptiques sur la possibilité pour Charlotte Gainsbourg, de jouer la mère de Romain, dans l’adaptation du roman autobiographique (et aussi romancé) de Romain Gary, “La promesse de l’aube”.

Et j’avoue avoir été très touchée par le film. L’interprétation des deux acteurs principaux, Charlotte Gainsbourg et Pierre Niney.

Charlotte porte le film sur ses épaules et nous livre une prestation juste et enfiévrée d’un personnage qui flirte  avec la folie. La folie d’aimer trop, exclusivement ce fils adulé, assigné à un destin hors du commun, par l’amour vengeur et plein de revanche de sa mère. Charlotte est magnifique dans ces excès et cette démesure.

J’avoue encore, avoir été sceptique sur le dernier CD de la même Charlotte Gainsbourg, Rest, et j’avoue l’aimer davantage, à chaque écoute. La nostalgie, la simplicité des harmonies presque naïves, sur une voix flutée qui maitrise ses failles et sa légèreté , pour nous donner des notes et un texte parfaits.

Il faut croire que l’air de New-York sied à la fille de Serge qui nous offre deux magnifiques facettes de son talent, de ses talents,

So, Charlotte forever, Charlotte apaisée et Charlotte réconciliée avec son passé ?

SARAHLOUP

4 POÉSIES AU VENT MALIN

A Rio, soudain, le monde

ALL OVER THE WORLD 

LA DANSE DES LICORNES

La petite fille m’a demandé
où vivent les licornes
j’ai regardé la mer, les oiseaux,
les dunes et les nuages
la lune m’a chuchoté à l’oreille
les cachettes des étoiles,
la route des vents
les amours des fées
le chant des baleines blanches
par une nuit d’été
mais jamais je n’ai trouvé
le tombeau des lucioles
alors je t’ai regardé et dans tes yeux
j’ai vu l’origine du monde.

DU BLEU SUR TES YEUX

j’ai mis du bleu pour faire rire tes yeux
mais tu m’as regardée et tes yeux ont pleuré
j’ai mis du rouge pour te faire réagir
mais tu m’as regardée et tes yeux se sont détournés
j’ai mis du jaune pour te donner du soleil
tu m’as regardée et tu m’as embrassée
alors j’ai mis du blanc et tes yeux ont souri
tu m’as demandé une vie
les couleurs ont éclaté dans ton rire
j’ai mis un arc-en-ciel en bandoulière et
je t’ai emmené sur les sentiers, entre l’eau de tes larmes
par delà les rivières, les monts et les montagnes
loin très loin tout autour de la terre .
écouter le chant des sirènes, celui des oiseaux lyre
le rire des abeilles malmenées par les vents
la danse des goélands, les robes interlopes des grands flamants roses
je me suis retournée et je t’ai regardé
danser dans le vent, par dessus les dunes de sables
éternellement bleues.

LES REVES DES FILLES 
je sais tu ne ris pas souvent
je sais tu es triste parfois
une larme roule sur la rondeur de ta joue
petite fille tes yeux regardent le monde
tes pieds dans les sandales dorées
d’une belle au bois pas dormant
tu attends le prince pas charmant
tu rêves sur la vie l’amour et les étoiles
mais tu ne dis pas à quoi à quoi rêvent les filles.

SI
si j’ai pleuré, tu ne me l’as pas dit
mes rêves sont peuplés de flammes interlopes
la valse des tortues et le rire des chats.
je t’aime, tout amour est démesure
jamais je ne saurais t’aimer, aux temps jadis
tombent les larmes du ciel
les roses sont tristes
nous ne partirons plus écouter le rire d’une enfant
la main tendue et sa menotte ouverte
pour un rire au vent et les larmes du temps.

SARAHLOUP

L’AMOUR ET LES ENFANTS…

une petite fille âgée de 7 ans cherche dans le défilement de 7 robes de sa mère à se consoler du drame qu’elle traverse

Pourquoi mes héros sont-ils des enfants ?

Probablement parce que je suis restée très en lien avec ma propre enfance et que c’est de là que j’écris . Mais sans doute aussi parce que j’aime le monde de l’enfance et celui de l’adolescence; plus particulièrement le monde de la fin de l’enfance et du début de l’adolescence. J’aime cette période, entre 8 et 12-13 ans, la fin de l’école primaire et le début des années collège.

Regardez-les vos enfants, ils sont un monde, ils sont le monde, ils sont l’avenir…J’aime ce moment où on ne les perd pas complètement, ce moment où ils ont besoin des adultes mais pas comme avant, ce moment où ils découvrent qu’ils peuvent être libres, prendre leur destin en main, partir un peu…Ce moment où ils vont quitter les rêves enfantins , affronter le premier amour, celui, qui, les fait basculer de l’autre côté.

Car c’est cela qui permet à mes héros de grandir :  aimer, même si on se trompe, même si on n’est pas aimé en retour, même si ça fait mal. L’amour est ce qui fait grandir, toujours

J’écris là dessus, sur ce premier Amour, sur Le premier Amour, celui que l’on n’oublie jamais celui qui accompagne toute notre vie, celui qui aurait tout changé, celui qui a tout changé…

Même si mon dernier livre est sur le deuil et la résilience, c’est aussi un message d’amour…

SARAHLOUP

7 ROBES ET LILA

LILA, une petite fille âgée de 7 ans parviendra-telle, dans le défilement de 7 robes de sa mère à se consoler du drame qu’elle traverse ?

 

“7 Robes et Lila”,  mon deuxième roman vient de sortir. Il est disponible sur Amazon et sur demande en exemplaire dédicacé. Il illustre la dernière phrase de Jean d’Ormesson :

et la mort elle même ne peut rien contre moi”

à commander sans modération…

SarahLoup

“Tu m’écris comment” ? ou les héros modernes sont des enfants …

les héros modernes, rebelles ou..?

Le 23 novembre, à la Causerie des Chartrons , à 19h30,

j’aurai le plaisir de partager une soirée avec trois auteures prestigieuses et talentueuses, du monde “des indés”,  auteures indépendantes, qui font de plus en plus parler d’elles.

Laure Lapègue, “Female”,

Chris Simon, “Brooklin paradis”,

Elisa tixen “La désobéissance des pouces”

Pour parler des héros modernes, je préfère rester classique, au risque de ne pas paraitre très moderne, quoique… Mes héros sont des enfants . L’âme et le monde des enfants conserve un éclat et une richesse absolue en terme de création et d’imaginaire. Et au fond, nous sommes sans doute tous, à la recherche d’une telle richesse. Le regard d’un enfant, les paroles d’un enfant restent d’une gravité, d’une acuité, d’une pertinence, et d’une poésie rare, parfois absolue.

Je paraphraserai les mots de Picasso : “j’ai mis toute une vie pour peindre comme un enfant” en “j’ai mis toute une vie pour écrire comme un enfant”, avec la poésie d’un enfant…le regard d’un enfant.

Des mots d’enfant nous en avons tous, je citerai juste un petit garçon, âgé de trois ans, parlant d’un geai qu’il venait d’apercevoir et disant :

“j’ai vu un geai aux ailes extrêmement bleues” ou cet autre enfant qui me regarde écrire  et me dit gravement : “tu m’écris comment?”

Mes héros sont des enfants qui agissent dans un monde d’adultes. Des adultes qui ne les écoutent pas pas parce qu’ils ne veulent pas les écouter, parce que ces deux paroles ne se rencontrent jamais, et que c’est de cet écart que nait le désir de se parler…

Mais c’est une autre histoire..Alors venez nombreux, et à très vite pour cette soirée exceptionnelle !

SarahLoup

” Subversifs” ou pas : les héros contemporains, modèles ou rebelles ?

 

Un matin je récupère un message oublié, depuis plusieurs jours dans Face-Book, par ma négligence à consulter ce médium sans coeur, ainsi que le qualifie très justement, Virginie Despentes

(Vernon Subutex -T3-).

Un message d’une amie auteure, Laure Lapègue, créatrice de booknserie, qui me convie à participer à une conférence à 4 auteures :

Chris Simon et sa série” brooklyn paradis“, Elisa Tixen et son nouvel opus,” la désobéissance des pouces“, Moi même avec mon roman, “l’enfance en bandoulière” , et Laure Lapègue et ses female le 23 novembre à la Causerie des Chartrons,  à Bordeaux ; toutes publiées en “indé”, sur le thème :

“Les héros contemporains, modèles ou rebelles”, j’ai presque oublié la formulation exacte…C’est dire si cette problématique me plonge dans un abime d’interrogations.

Ainsi que je l’ai déjà maintes fois expliqué, et écrit, je viens d’une famille où le pouvoir appartenait très nettement aux femmes, apparemment . Une grand-mère qui tyrannisait quelque peu son époux jusqu’à le réduire quasi totalement au silence. Une mère qui suivra ses traces d’une autre manière, que j’aborde répétitivement dans mes romans… Et moi… qui ai eu la chance de naitre sous une bonne étoile. Autant dire que si, dans mes jeunes années je me suis considérée comme rebelle, c’était relativement facile pour moi, qui était extrêmement soutenue et choyée dans ma famille. Mais alors pourquoi vouloir à tout prix me réclamer et se réclamer rebelle ?

Qu’est-ce que c’est un écrit subversif ? En quoi les héros sont-ils des rebelles, des déviants, des errants, des laissés pour compte, pourquoi sont-ils au mieux  à côté de la société, au pire exclus ou en marge ? Pourrait-on écrire un livre, un roman, une fiction, avec des héros ordinaires ? Et où se niche l’extra-ordinaire, dans le style, le récit, l’intrigue, l’univers ?

D’une part, c’est toujours le point de départ d’un livre que de raconter une errance, une rébellion, une impossibilité de rébellion, ou une position décalée. Un livre pour raconter un héros totalement dans la norme risquerait de manquer de piquant …Donc forcément rebelle ? Oui définitivement, mais de quelle façon? Sans doute est-ce là que se situe la voix de l’auteur(e) pour montrer la singularité de la déviance, la rébellion ou la fausse adaptation du héros, mais toujours, il me semble un hors-norme. On peut raconter la vie de héros ordinaires qui soudain dérapent ou ont toujours dérapé, en fait… ou raconter la nécessité d’être rebelle… ou la lente déviance d’un héros tout ce qu’il y a d’ordinaire, aparemment. On sait combien les apparences restent trompeuses.

Rebelle, chaque femme en sait quelque chose, par le simple fait de naitre femme, même si, à notre époque, en occident…les voix des femmes se font entendre de plus en plus.

Un jeudi d’octobre, à La Grande Librairie, une femme, Delphine Coulin, au milieu d’hommes  publie “Une femme dans la Jungle” ou le destin d’Awa qui a décidé pour échapper à un mariage forcé de fuir son pays et se retrouve dans la jungle de Calais. Excellent livre, excellent sujet pour une femme en quête de liberté ; mais la subversivité se résume-t-elle à la quête de liberté ?

Nous en débattrons le 23 novembre, à partir de 19 h 00

Venez nombreux le 23 novembre à la Causerie des Chartrons

SARAHLOUP

 

Un silence et des mots dans le vent…

des draps dans le vent

deux draps dans le vent de la lagune

Le silence s’étire dans la faille des mots
L’intime au coeur des songes
Et la nuit qui respire endort nos souvenirs
Au mausolée du temps nos amours éclaboussent
Les vestiges du jour

Dis Quand reviendras-tu ?

Les mots s’ancrent aux racines des rêves
Vivent les souvenirs
Aux arbres du destin affleure l’infini
Passager clandestin d’un songe inassouvi
Les ronces importunes griffent de leurs fêlures
Les éclats de ton rire sur la nacre du temps

Dis quand reviendras-tu ?

Frappent aux portes rouges les souvenirs enfuis
Je peins sur tes pensées l’idées de mes désirs
Ta peau offre poussière aux visages flétris des heures qui s’allongent
Et lentement chavirent les encres éclaboussés d’un soleil décrépi

L’opacité de l’aube voit fleurir le rire des chats
Le silence neigeux des arbres fantomatiques
Surgit un goéland, promesse vaine
d’un avenir meilleur .

SARAHLOUP

À L’ENCRE NOIRE

 

il est si léger que même les mots s’envolent

Aujourd’hui le temps s’étire
Tu es parti
Je regarde les flocons tomber dans la poussière du matin
le silence s’épaissit
j’ai peur de l’encre noire

qui envahit mon esprit et tombe sur mes yeux

j’ai peur de toi, du silence et du temps
de mon coeur qui résonne dans la nuit
des notes froides qui s’égrennent dans le noir
du vent qui agite les saules
du chien qui gémit
du temps qui s’enfuit
j’ai peur de nous

SARAHLOUP

Bukowski forever

Amor, te sigue esperando siempre

Mon amour, je t’espérerai toujours…

 

“Les seuls écrivains qui ont du style sont ceux qui doivent écrire pour ne pas devenir fous”

Charles Bukowski

“Sur l’écriture” recueil de textes de Charles Bukowski

Publié Au diable Vauvert

SarahLoup

LES MAISONS ET MOI

A Rio, soudain, le monde

ALL OVER THE WORLD

Chaque maison que j’ai habitée, était beaucoup plus qu’une maison pour moi;

Un refuge, un lieu de repli et de rêverie, un endroit à moi, un endroit pour ma famille, oui bien sûr, mais surtout.. une personne .

Une maison, pour moi, a sa vie propre, son âme, son histoire. Elle vit, meurt, renait ou pas. Chaque fois que je quitte une maison, je suis déchirée, dévastée, perdue. C’est plus qu’une histoire qui s’achève, c’est une rencontre qui se termine et une autre qui commence, une partie de moi est restée accrochée aux maisons que j’ai quittées. A chaque déménagement, il faut que je greffe un morceau de la maison en moi.

Un jour j’étais terriblement mal, j’ai décidé de changer de maison, mauvaise idée. J’ai choisi la pire pour moi, et au bout d’un mois je mesurais mon erreur. Et au bot d’un mois, je savais que la greffe ne prendrait pas. Il a fallu déménager. Heureusement, tout le monde a suivi et nous sommes partis, non sans mal… Jamais je n’aurais pu vivre dans celle, que, à une mauvaise période j’avais choisi. Mais on n’apprend que de ses erreurs malheureusement, mais c’est ainsi. Alors j’ai appris..que je ne pouvais pas déménager chaque fois que je me sentais en désaccord avec moi-même et que chaque désaccord était une opportunité pour évoluer…

Quand j’étais adolescente, j’ai commencé à vivre mon mal-être en changeant de maison au bout de quelques mois. Chaque nouvel appartement était l’occasion de perdre des habits, de déménager et de réenménager, pour de nouveau être mal-à-l’aise et recommencer…Cela a duré plusieurs années, et personne autour de moi n’a véritablement mesuré mon errance mélancolique. Mais les adolescents nécessitent la mélancolie et comme les autres je l’ai aimée aussi.

De la même manière que je ne peux cuisiner ou écrire que lorsque je me sens suffisamment bien pour le faire, je ne peux habiter une maison pleinement que lorsque je me sens en accord avec moi-même.

Etrange baromètre , que celui-là, mais les maisons sont comme les meilleurs amis, on n’a pas besoin de les voir tous les jours, mais quand on les appelle, même si c’est au bout de 10 ans d’absence, ils doivent être là.

J’ai la chance d’avoir les deux, une maison qui me convient et des meilleurs amis qui me répondent, un chéri avec qui je me fighte mais que j’aime profondément , des enfants adorables, et l’écriture…

Et ma maison est aussi et surtout le lieu où je rêve, où j’écris et je ne peux écrire n’importe où…

Et vous ?

Bon Week-end

SarahLoup